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  • : Le pianiste Jean-Efflam BAVOUZET sur tous les Tons
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 15:11

 

culture critique

Bavouzet, le Messin aux doigts d’or

Et de trois ! Le pianiste messin et soliste international Jean-Efflam Bavouzet vient, en ce mois de juin, de remporter son troisième Diapason d’Or pour la livraison du troisième volet de son Intégrale de la musique pour piano de Claude Debussy. Un exploit d’autant plus remarquable que le prodige, qui a remporté son Premier prix au Conservatoire de Metz à l’âge de quinze ans, a déjà décroché, en janvier de cette année, son deuxième Diapason d’Or pour le second album des œuvres du maître de l’impressionnisme musical. Et son premier Diapason d’Or ? Il l’a obtenu il y a cinq ans pour son intégrale des œuvres pour piano seul de Maurice Ravel. Il l’a réalisée sur un vénérable Steinway de 1901 qui avait retrouvé pour l’heure sa radieuse jeunesse.

Retour brillant

Entre deux périples planétaires, le retour cyclique dans sa ville natale du brillant représentant de l’Ecole française, est toujours accueilli bras debout. Son dernier concert à L’Arsenal de Metz, sous la direction de Jacques Mercier, confirme cette relation privilégiée qu’il entretient avec le public lorrain qui en a fait son pianiste de cœur.

Il jouait le premier concerto de Beethoven. En virtuose subtil, il s’insinuait, en toute simplicité, dans la partition avant d’en développer les jolies arabesques, les glissandos arachnéens, les chromatismes, limpides comme une source coulant sur l’ivoire. Et l’on peut dire que Jean-Efflam peaufine son style au fil des ans et chaque fois qu’il se produit à Metz, il ajoute une touche personnelle à son jeu.

Ciselés, biseautés, nets et sans bavure, ses Debussy procèdent d’un dessin cursif, sont comme tracés à la pointe sèche, et assortis de coloris subtils et fugitifs. Du Children’s Corner à ses Arabesques, de sa Danse bohémienne à sa Berceuse héroïque, ses traits de mains sont fulgurants et leur souplesse s’accompagne de rebondis félins. Il glisse entre les notes cette dose d’humeur ou d’humour à froid, ses traits d’esprit font tout son charme. Et son Elégie, sa Plus que lente, son Nocturne, fascinent par leur mystérieuse atmosphère et leur rêverie impalpable mais profonde. D’un concert à la Philharmonie de Berlin, à un autre à Dublin, puis à Pékin, le sillon lumineux de Jean-Efflam inclut aussi quelques échappées transatlantiques. L’année 2008 lui est propice et féconde et l’on attend d’une saison à l’autre qu’il revienne à Metz enchanter ceux qu’il n’a jamais déçus.

Georges MASSON.


Publié le 12/06/2008

 


                                                                       
                                                                     
©   Le Républicain Lorrain


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Published by Marie-José - dans PRESSE CRITIQUE
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